Lorsque tu me liras
Je te regarderai dans le pare-brise
Tu viendras à moi, tout entière, comme la route
Lorsque tu me liras, la maison sera silencieuse
Et mon silence à moi te remplira tout entière aussi
Avec toi, dans toi, je ne suis jamais silencieux
C'est une musique très douce que je t'apporte
Quant à toi, tu verses au plus profond de ma solitude
Cette joie triste d'être
Cet amour que, jour après jour, nous bâtissons
En dépit des autres
En dépit de cette prison où nous nous sommes mis
En dépit des larmes que nous pleurons chacun dans notre coin
Mais présents l'un à l'autre
Je te voyais, ces jours-ci, dans la lande
Là-bas, où tu sais
Je t'y voyais bouger
À peine te pencher vers cette terre
Que nous aimions bien tous les deux
Et tu te prosternais à demi, comme une madone
Et je n'étais pas là
Ni toi
Ce que je voyais c'était mon rêve
Ne pas te voir plus que je ne te vois
Je me demande la dette qu'on me fait ainsi payer
¿Pourquoi?
L'amour est triste, bien sûr
Mais c'est difficile, au bout du compte
Difficile
Dans mes bras, quand tu t'en vas longtemps vers les étoiles
Et que tu me demandes de t'y laisser encore, encore
Je suis bien, c'est le printemps
Tout recommence, tout fleurit
Et tu fleuriras aussi de moi, je te le promets
La patience, c'est notre grande vertu
C'est notre drame aussi
Un jour nous ne serons plus patients
Alors tout s'éclairera
Et nous dormirons longtemps
Et nous jouirons comme des enfants
Tu m'as refait enfant
J'ai devant moi des tas de projets de bonheur
Mais maintenant, tout est arrêté dans ma prison
J'attends que l'heure sonne
Je me perds dans toi, tout à fait
Je t'aime, Christie, je t'aime