L'homme de l'aube
De Rozenlaui à Austerlitz, de Vienne à Vincennes
Des études de philo à Leipzig, que l'on ne s'y méprenne
Son père est mort d'une mort chrétienne
Perdu la tête, il a rendu l'âme
Et l'orphelin laisse au soins, aux bons soin de sa mère.
Sa mère, sa femme, sa soeur, trois femmes trois mélagomadames
Des amis à mort, des amours à vie, des psychodrames
Il ne voulait pas en avoir l'air
Mais il avait l'air d'avoir pas mal souffert
Des amis à mort, des amours à vie, l'homme de l'aube
C'est une longue histoire que cette histoire-là
Celle de l'homme de l'aube
Il est venu me voir, il est venu s'asseoir, l'homme de l'aube
Dans l'avenue, à l'orée du bois
Dans les hautes collines de l'Engadine
Éternel parcours, éternel retour, l'homme de l'aube
Quand je l'ai vu, j'étais étonné
Tant qu'il était nu et fatigué
Vide, foutu, morfondu, comme une vieille violoncelle
Il boitait
Il boitait
Tellement qu'il était fatigué
Tellement qu'il était fatigué
De marcher
Il sanglotait en avançant, l'homme de l'aube
Mais il avançait, le front en avant, l'homme de l'aube
Dans l'avenue, à l'orée du bois
Dans les hautes collines de l'Engadine
Il est venu, une dernière fois, l'homme de l'aube
O Homem da Aurora
De Rozenlaui a Austerlitz, de Viena a Vincennes
Estudando filosofia em Leipzig, não se engane
Seu pai morreu de uma morte cristã
Perdeu a cabeça, entregou a alma
E o órfão deixa aos cuidados, aos bons cuidados da mãe.
Sua mãe, sua mulher, sua irmã, três mulheres, três melancólicas
Amigos até a morte, amores para a vida, psicodramas
Ele não queria parecer
Mas parecia ter sofrido bastante
Amigos até a morte, amores para a vida, o homem da aurora
É uma longa história essa história
A do homem da aurora
Ele veio me ver, ele veio se sentar, o homem da aurora
Na avenida, à beira da floresta
Nas altas colinas da Engadina
Caminho eterno, retorno eterno, o homem da aurora
Quando o vi, fiquei surpreso
Tanto que ele estava nu e cansado
Vazio, acabado, desmoronado, como um velho violoncelo
Ele manquitolava
Ele manquitolava
Tanto que estava cansado
Tanto que estava cansado
De andar
Ele soluçava enquanto avançava, o homem da aurora
Mas ele seguia em frente, a testa erguida, o homem da aurora
Na avenida, à beira da floresta
Nas altas colinas da Engadina
Ele veio, uma última vez, o homem da aurora