Mannequines
La dame de cire dans la vitrine
A fait un clin d'œil nickel.
Une voix infra-décibel
Vibre dedans sa poitrine
Ses doigts de cire s'articulent
Comme les pattes d'une tarentule.
Dans une lumière aérosol
Explose la plaque de verre
Une main fine passe au travers
Et agrippe mon épaule
Dans un cliquetis hystérique,
Sa bouge rouge bouge clac-clic.
C'est nous les mannequines,
C'est nous qui vous observons.
C'est nous, nous les machines
C' est nous qui vous codifions.
Si quelqu'un nous devine,
Il faut le déconnecter
Si quelqu'un nous devine,
Il faut le déchiqueter.
Des centaines de mannequines
Qui sortent des magazines
S' agglutinent de toutes parts.
Des rangées d'yeux pleins de fard.
Des myriades d'ongles laqués.
J' entends de très loin ma voix hurler.
Le mannequin dans la vitrine,
La rue vide, tout est clean.
J'ai dû sans doute tomber par terre,
Et faire un rêve à l' envers.
Au fond du silence, pourtant,
Une rumeur persiste longtemps.
C'est nous les mannequines,
C'est nous qui vous observons.
C'est nous, nous les machines
C' est nous qui vous codifions.
Si quelqu'un nous devine,
Il faut le déconnecter
Si quelqu'un nous devine,
Il faut le déchiqueter.
Maniquins
A boneca de cera na vitrine
Deu um tchauzinho bem legal.
Uma voz quase inaudível
Vibra dentro do seu peito.
Seus dedos de cera se movem
Como as patas de uma tarântula.
Sob uma luz de spray
A placa de vidro estoura.
Uma mão fina passa por dentro
E agarra meu ombro.
Num tilintar histérico,
Seu batom vermelho faz clac-clac.
É a gente, os maniquins,
É a gente que observa vocês.
É a gente, nós as máquinas,
É a gente que codifica vocês.
Se alguém nos adivinha,
Tem que desconectar.
Se alguém nos adivinha,
Tem que triturar.
Centenas de maniquins
Que saem das revistas
Se aglomeram por todos os lados.
Fileiras de olhos cheios de maquiagem.
Milhares de unhas pintadas.
Eu ouço de longe minha voz gritar.
O maniquim na vitrine,
A rua vazia, tudo limpinho.
Eu devo ter caído no chão,
E ter sonhado ao contrário.
No fundo do silêncio, porém,
Um rumor persiste por muito tempo.
É a gente, os maniquins,
É a gente que observa vocês.
É a gente, nós as máquinas,
É a gente que codifica vocês.
Se alguém nos adivinha,
Tem que desconectar.
Se alguém nos adivinha,
Tem que triturar.