Dernier Jour
Il y avait la pluie, normal, des jours venus trop tôt.
Dans l'air, de lourdes fumées et des milliards d'oiseaux.
On marchait comme on pouvait, la foule tentait de nous séparer.
On marchait comme étrangers, la foule nous rapprochait en secret.
Des milliers de gens énormes qui suintaient la peur
Savent parler de fin du monde et des mots de malheur.
On s'est regardé d'abord, froid et puis on s'est rapprochés.
C'était comme la toute première fois, enfin on se regardait.
On s'essorait dans les rues encombrées.
Ca cognait dans nos têtes, dernier jour.
On répetait en courant aux passants
"Aimez-vous, aimez-vous, le temps court."
Dernier jour, dernier tour, on s'endort pour toujours.
Envolés les projets et demain, terminé.
La radio nous vomissait des nouvelles d'ailleurs.
Dans tous les bistrots ouverts, on se soûlait le coeur.
Beaucoup trouvaient des regrets, trop tard, en voyant tomber le soir.
C'est toujours au fond du désespoir qu'on apprend enfin à voir.
On s'essorait dans les rues encombrées.
Ca cognait dans nos têtes, dernier jour.
On répetait en courant aux passants
"Aimez-vous, aimez-vous, le temps court."
Dernier jour, dernier tour, on s'endort pour toujours.
Envolés les projets et demain, terminé.
Et tous les bouquins venus du fond de nos histoires
Toutes les jolies chansons à aimer et à boire
Personne pour les regretter, dommage, avis de dernier passage.
On pourra nous oublier, bien fait, on ne faisait que passer.
On s'essorait dans les rues encombrées.
Ca cognait dans nos têtes, dernier jour.
On répetait en courant aux passants
"Aimez-vous, aimez-vous, le temps court."
Dernier jour, dernier tour, on s'endort pour toujours.
Envolés les projets et demain, terminé.
Il y avait la pluie, normal, des jours venus trop tôt
Último Dia
Tinha chuva, normal, dias que chegaram cedo demais.
No ar, fumaça densa e bilhões de pássaros.
A gente andava como dava, a multidão tentava nos separar.
A gente andava como estranhos, a multidão nos unia em segredo.
Milhares de pessoas enormes que exalavam medo
Sabem falar sobre o fim do mundo e palavras de desgraça.
Nos olhamos primeiro, frios, e depois nos aproximamos.
Foi como a primeira vez, finalmente nos encaramos.
A gente se espremia nas ruas lotadas.
Batidas na cabeça, último dia.
Repetíamos correndo para os transeuntes
"Ame-se, ame-se, o tempo voa."
Último dia, última volta, a gente dorme pra sempre.
Sumiram os planos e amanhã, acabou.
O rádio nos enchia de notícias de longe.
Em todos os bares abertos, a gente embriagava o coração.
Muitos encontravam arrependimentos, tarde demais, ao ver a noite cair.
É sempre no fundo do desespero que a gente aprende a enxergar.
A gente se espremia nas ruas lotadas.
Batidas na cabeça, último dia.
Repetíamos correndo para os transeuntes
"Ame-se, ame-se, o tempo voa."
Último dia, última volta, a gente dorme pra sempre.
Sumiram os planos e amanhã, acabou.
E todos os livros que vieram do fundo das nossas histórias
Todas as lindas canções para amar e beber
Ninguém para lamentar, que pena, aviso de última passagem.
Podem nos esquecer, tanto faz, a gente só estava de passagem.
A gente se espremia nas ruas lotadas.
Batidas na cabeça, último dia.
Repetíamos correndo para os transeuntes
"Ame-se, ame-se, o tempo voa."
Último dia, última volta, a gente dorme pra sempre.
Sumiram os planos e amanhã, acabou.
Tinha chuva, normal, dias que chegaram cedo demais.