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Sob o Grande Céu de Inverno

Juliette Noureddine

Sous le grand ciel d'hiver

Leurs regards se croisaient
Pour la dernière fois
Leurs lèvres se taisaient
Et il faisait si froid
Que leurs mains se tissaient
Sous le grand ciel d'hiver
D'une neige enlacée
Sur sa blanche crinière

Il me semble parfois
Les revoir à nouveau
Parfois même, je crois
Qu'ils murmurent des mots
Il me semble parfois
Qu'ils reviendront un jour
Que le temps qui s'en va
Portera leur retour

Pour mieux les regarder
Je m'étais arrêtée
Ou pour mieux les garder
Dans cette éternité
D'une lente prière
Qu'ils avaient traversée
Quand un jet de lumière
Les avait rassemblés

Leurs regards se touchaient
Par une seule larme
Et la nuit épanchait
Ces deux corps en alarme
Sur le grand fleuve gris
D'une ville muette
Lorsqu'une femme crie
Sur la place déserte

Il me semble à présent
Que leurs yeux n'ont plus d'âge
Et je sais maintenant
Qu'ils ne font qu'un visage
Il me semble à présent
Qu'ils sont depuis toujours
Là, par-delà les ans
Au signe de l'amour

Je crois qu'ils s'ouvrent encore
Sous le grand ciel d'hiver
Et qu'ils ont mis la mort
Dans les plis de leur chair
Ils sont à fleur de vie
Pour s'être dit "je t'aime"
Sur le grand fleuve gris
Qui là-bas les entraîne

Et puis tout doucement
Leurs regards s'envolèrent
Aussi légèrement
Que l'écume à la mer
Aussi légèrement
Que l'écume à la mer
Leurs regards doucement
Tendrement s'inondèrent

Il me semble parfois
Qu'une lueur éclaire
Le fleuve qui flamboie
Sous le grand ciel d'hiver
Il me semble parfois
Que le fleuve s'éclaire
Et que la lune aboie
Sous un grand ciel de pierres

Sob o Grande Céu de Inverno

Os olhares se cruzavam
Pela última vez
Os lábios se calavam
E fazia tanto frio
Que as mãos se entrelaçavam
Sob o grande céu de inverno
De uma neve entrelaçada
Sobre sua crina branca

Às vezes me parece
Que os vejo de novo
Às vezes até acho
Que sussurram palavras
Às vezes me parece
Que voltarão um dia
Que o tempo que se vai
Trará seu retorno

Para melhor observá-los
Eu havia parado
Ou para melhor guardá-los
Nesta eternidade
De uma lenta oração
Que eles atravessaram
Quando um jato de luz
Os reuniu

Os olhares se tocavam
Por uma única lágrima
E a noite derramava
Esses dois corpos em alarme
Sobre o grande rio cinza
De uma cidade muda
Quando uma mulher grita
Na praça deserta

Agora me parece
Que seus olhos não têm idade
E eu sei agora
Que eles são um só rosto
Agora me parece
Que sempre estiveram
Lá, além dos anos
Sob o sinal do amor

Acho que ainda se abrem
Sob o grande céu de inverno
E que colocaram a morte
Nos contornos de sua carne
Estão à flor da vida
Por terem dito "eu te amo"
Sobre o grande rio cinza
Que os leva para lá

E então, suavemente
Seus olhares se elevaram
Tão levemente
Quanto a espuma do mar
Tão levemente
Quanto a espuma do mar
Seus olhares suavemente
Ternamente se inundaram

Às vezes me parece
Que uma luz ilumina
O rio que brilha
Sob o grande céu de inverno
Às vezes me parece
Que o rio se ilumina
E que a lua late
Sob um grande céu de pedras

Composição: