Tous Les As
Une de ces sombres journées en automne
Où le brouillard semble étouffer le pays.
Dans le ciel et au sol, ni rien, ni personne,
Sur l'aérodrome tout est assoupi.
En tâtonnant j'ai trouvé la porte de la cantine,
Penché sur un café que je tourne en somnolent,
J'essaie de suivre la conversation dans la cuisine.
Soudain la porte s'ouvre et ils entrent bruyamment:
Tous les As tous les mordus notoires,
Tous les insoumis, tous les vieux loups de l'air
Défaite ou victoire, ils ont changé l'histoire
En traversant et le ciel et l'enfer.
Des rires, des sifflements et des murmures,
Des pas lourds, qui font grincer le parquet.
Dans les bruits de vaisselle on entend une injure,
Il n'y a pas de doute, la voix de Bréguet!
Blériot! Santos-Dumont! Lindbergh! Et je vois revivre
Le Baron Rouge et Antoine de Saint-Exupéry,
Et d'autres dont j'ai vu cent fois les photos dans les livres,
Et dont les noms vont bien me revenir à l'esprit.
Tous les As...
Autour des frères Wright, voilà que s'installent
Les héros du pont aérien de Berlin,
Avec les pionniers de l'Aéropostale,
Jean Mermoz les accueille, un verre à la main.
Et on écoute Saint-Exupéry et les yeux brillent,
Von Richthofen a un tas de blagues à raconter,
Et tous rient et bavardent comme une grande famille,
Unie et bien au-dessus de toute hostilité!
Tous les As...
lls reprennent leurs vêtements et leurs cartes
Et sortent dans le crépuscule automnal.
Les moteurs démarrent et un à un ils partent
En décollant avec un bruit infernal.
Soudain la salle est vide, enfin j'essaie de comprendre.
Dehors un brouillard épais a tout enseveli,
Et ni le radar ni la tour n'ont jamais pu m'apprendre,
D'où ils étaient venus ni où ils sont repartis.
Tous les As...
Todos os As
Uma daquelas sombrias tardes de outono
Onde a neblina parece sufocar o país.
No céu e no chão, nem nada, nem ninguém,
No aeródromo tudo está adormecido.
Tateando, encontrei a porta da cantina,
Inclinado sobre um café que mexo sonolento,
Tento acompanhar a conversa na cozinha.
De repente, a porta se abre e eles entram barulhentos:
Todos os As, todos os viciados notórios,
Todos os insubmissos, todos os velhos lobos do ar.
Derrota ou vitória, mudaram a história
Atravessando tanto o céu quanto o inferno.
Risos, assobios e sussurros,
Passos pesados que rangem o assoalho.
Nos barulhos de louça, ouve-se um xingamento,
Não há dúvida, é a voz do Bréguet!
Blériot! Santos-Dumont! Lindbergh! E eu vejo reviver
O Barão Vermelho e Antoine de Saint-Exupéry,
E outros cujas fotos vi centenas de vezes nos livros,
E cujos nomes logo vão voltar à minha mente.
Todos os As...
Ao redor dos irmãos Wright, lá se instalam
Os heróis da ponte aérea de Berlim,
Com os pioneiros da Aéropostale,
Jean Mermoz os recebe, um copo na mão.
E ouvimos Saint-Exupéry e os olhos brilham,
Von Richthofen tem um monte de piadas pra contar,
E todos riem e conversam como uma grande família,
Unidos e bem acima de toda hostilidade!
Todos os As...
Eles pegam suas roupas e seus mapas
E saem no crepúsculo outonal.
Os motores ligam e um a um eles partem
Decolando com um barulho infernal.
De repente, a sala está vazia, finalmente tento entender.
Lá fora, uma neblina densa cobriu tudo,
E nem o radar nem a torre nunca puderam me ensinar,
De onde vieram nem para onde foram embora.
Todos os As...