Un Dimanche Chez Renoir
Le vent dans les arbres au bord de la rivière
Fait danser des taches d'ombre et de lumière,
Et sous mes yeux éblouis par la clarté
S'animent des images d'un temps passé.
Rubans et guirlandes
Couleur de lavande.
J'entends rire des jeunes filles et je vois
Une farandole,
Des jupes qui volent
Sur un vieil air d'accordéon d'autrefois
Des chaises à la peinture verte effritée,
Des tables couvertes de toile cirée,
Des pommes luisantes sur l'espalier blanc,
Du vin doré dans des verres étincelants.
Les hommes en chemise
Redoublent la mise,
Le jeu de cartes et le mouchoir à la main.
Les femmes chantonnent
Un air et moissonnent
Des fruits et des baies dans le fond du jardin.
Les enfants s'amusent dans l'eau de l'étang,
Les mères les prennent nus et grelottants
Pour les rincer à la fontaine à grand jet
Parmi les bouteilles de vin blanc au frais.
Blottis et en boule,
A la chair de poule,
lls restent perchés sur un banc de jardin,
Dans leurs serviettes,
Les lèvres violettes,
De froid et des mûres cueillies en chemin.
Les gestes plus amples et plus fortes les voix,
Et sonnent les verres et on rit, et on boit.
Les lampes s'allument autour du pavillon
Et avec les bruits monte l'accordéon.
Les visages brillent,
Des yeux qui scintillent,
Encore une danse, un verre et un baiser.
Et tourne la ronde,
Chavire le monde,
Et tombe dans l'herbe humide de rosée.
Les lumierès s'estompent dans le lointain.
J'ai sur ma bouche encore le goût du vin.
J'entends toujours la musique simple et gaie,
Et je sens sur ma peau le parfum de l'été.
Rubans et guirlandes
Couleur de lavande
J'entends rire des jeunes filles et je vois
Une farandole,
Des jupes qui volent
Sur un vieil air d'accordéon d'autrefois.
Um Domingo com Renoir
O vento nas árvores à beira do rio
Faz dançar manchas de sombra e de luz,
E sob meus olhos ofuscados pela claridade
Ganho vida imagens de um tempo passado.
Fitas e guirlandas
Cor de lavanda.
Ouço risadas de moças e vejo
Uma ciranda,
Saias que voam
Ao som de um velho acordeão de antigamente.
Cadeiras com a pintura verde descascando,
Mesas cobertas de toalha encerada,
Maçãs brilhantes na treliça branca,
Vinho dourado em copos cintilantes.
Os homens de camisa
Aumentam a aposta,
O jogo de cartas e o lenço na mão.
As mulheres cantam
Uma melodia e colhem
Frutas e bagas no fundo do jardim.
As crianças brincam na água do lago,
As mães as pegam nuas e tremendo
Para enxugá-las na fonte de jato forte
Entre as garrafas de vinho branco gelado.
Encolhidas e em bolinha,
Com a pele arrepiada,
Elas ficam empoleiradas em um banco de jardim,
Nas toalhas,
Com os lábios roxos,
De frio e das amoras colhidas pelo caminho.
Os gestos mais amplos e as vozes mais altas,
E soam os copos e a gente ri, e a gente bebe.
As lâmpadas se acendem ao redor do pavilhão
E com os sons sobe o acordeão.
Os rostos brilham,
Olhos que cintilam,
Mais uma dança, um copo e um beijo.
E gira a roda,
Desvira o mundo,
E cai na grama úmida de orvalho.
As luzes se apagam na distância.
Ainda tenho na boca o gosto do vinho.
Ainda ouço a música simples e alegre,
E sinto na pele o perfume do verão.
Fitas e guirlandas
Cor de lavanda.
Ouço risadas de moças e vejo
Uma ciranda,
Saias que voam
Ao som de um velho acordeão de antigamente.