exibições 205

Pensée des morts

Georges Brassens


Voilà les feuilles sans sèvequi tombent sur le gazonvoilà le vent qui s'élèveet gémit dans le vallonvoilà l'errante hirondellequi rase du bout de l'ailel'eau dormante des maraisvoilà l'enfant des chaumièresqui glane sur les bruyèresle bois tombé des forêtsC'est la saison où tout tombeaux coups redoublés des ventsun vent qui vient de la tombemoissonne aussi les vivantsils tombent alors par millecomme la plume inutileque l'aigle abandonne aux airslorsque des plumes nouvellesviennent réchauffer ses ailesà l'approche des hiversC'est alors que ma paupièrevous vit palir et mourirtendres fruits qu'à la lumièredieu n'a pas laissé murirquoique jeune sur la terreje suis dejà solitaireparmi ceux de ma saisonet quand je dis en moi-même"où sont ceux que ton cœur aime?"je regarde le gazonC'est un ami de l'enfancequ'aux jours sombres du malheurnous preta la providencepour appuyer notre cœuril n'est plus : notre âme est veuveil nous suit dans notre épreuveet nous dit avec pitié"Ami si ton âme est pleinede ta joie ou de ta peinequi portera la moitié?"C'est une jeune fiancéequi, le front ceint du bandeaun'emporta qu'une penséede sa jeunesse au tombeauTriste, hélas ! dans le ciel mêmepour revoir celui qu'elle aimeelle revient sur ses paset lui dit : "ma tombe est verte!sur cette terre désertequ'attends-tu? je n'y suis pas!"C'est l'ombre pâle d'un pèrequi mourut en nous nommantc'est une sœur, c'est un frèrequi nous devance un momenttous ceux enfin dont la vieun jour ou l'autre ravie,enporte une part de nousmurmurent sous la pierre"vous qui voyez la lumièrede nous vous souvenez vous?"Voilà les feuilles sans sèvequi tombent sur le gazonvoilà le vent qui s'élèveet gémit dans le vallonvoilà l'errante hirondellequi rase du bout de l'ailel'eau dormante des maraisvoilà l'enfant des chaumièresqui glane sur les bruyèresle bois tombé des forêts

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